Histoire d’autoportrait #1

Tout a commencé avec cette photo…
En 2004 si mes données ne me trompent pas !

Autoportrait Nadia Wicker

Au moment de cet autoportrait je vis à Paris, chez Mathieu, l’amoureux de l’époque.
Je suis maquilleuse studio et je fais ce qu’on appelle des tests, des collaborations qui permettent à chaque personne d’une équipe d’avoir de belles images de son travail et de les intégrer à un book qui permettra de se vendre.

La veille de cet autoportrait j’assiste impuissante au comportement (très) déplacé du photographe avec qui j’avais choisi de faire un test.
Tout le monde a le droit à son insulte et à son humiliation.
Je rentre vers 22 heures, dépitée et choquée. Je me couche mais bien sûr je ne trouve pas le sommeil.
Je me lève vers 4 heures et je me pose au salon avec un bouquin.

 » Ça va bien réussir à faire taire ma tête, non ? « 

Eh non….
Je ne veux plus jamais vivre ce malaise pour obtenir des photos de mon travail et la seule solution qui me vient à ce moment-là c’est d’apprendre à prendre la place du photographe : plus je saurais me débrouiller par moi-même pour obtenir de bonnes images, plus je pourrais être exigeante dans mes collaborations !

Pouvoir me débrouiller seule si je ne trouve pas de personnes saines, voilà le projet !

Quelques heures plus tard, je me maquille et j’emprunte le compact de Mathieu pour faire des autoportraits, parce que personne ne voudra poser pour moi si je n’ai rien à montrer…
Avant, il m’arrivait aussi de jouer les modèles pour des photographes, l’évidence de se photographier soi-même pour avoir un peu de matière se posait donc là : si je sais le faire pour les autres, je saurai le faire pour moi !

L’idée c’était de me prendre en photo, de sortir quelques images cool, d’envoyer ça à des modèles que je connaissais en leur expliquant que je me lançais en photo et voir avec avec elles si ça pouvait les intéresser de poser pour moi…

Spoiler alert 1 : ça a marché !

Spoiler alert 2 : j’ai quand même continué l’autoportrait…

La plus petite histoire :

Comme beaucoup de monde à l’époque, je squattais de nombreux sites photo et un particulièrement, qui était réputé pour ses critiques à l’aveugle : dire ce qu’on pense d’une photo sans en connaître l’auteur – pendant 24 heures – afin d’être le.a plus objectif.ve possible.
J’ai bien sûr partagé cette photo et je me souviens de ma toute première critique : le bout de mon nez qui touchait pile poil la ligne de ma joue et qui perturbait la lecture !