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Histoire d’autoportrait #6

Je travaille beaucoup en séries et faire des photos sans réfléchir à une unité et à une quantité n’était pas arrivé depuis un moment quand j’ai eu envie de faire cette image.

“Avec le temps et la professionnalisation du métier, il m’est devenu difficile de me détacher de la pensée qu’il faut travailler en nombre et en cohérence.”

On nous apprend qu’une série de photos est plus “facile” à vendre pour la faire voir et vivre qu’une photo isolée ou qu’un groupe d’images n’ayant aucun lien les unes avec les autres.

Mais parfois, heureusement, j’arrive à sortir du cadre (auto-?) infligé et je me recale devant l’appareil juste comme ça, parce que j’ai justement envie d’un truc isolé.

La plus petite histoire :

C’est de l’argile violette que vous pouvez voir sur cette photo.
Est-ce que j’ai plein d’argiles de couleurs différentes et est-ce que ça m’a finalement donné envie de faire une série ?
Vous n’avez aucune preuve.

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Histoire d’autoportrait #5

Une histoire d’autoportrait un peu spéciale aujourd’hui puisque réalisé à 4 mains !

J’ai la chance de partager ma vie avec Nicolas, qui s’épanouit également dans divers domaines artistiques, la photographie entre autres et surtout, et qui connaît aussi très bien l’exercice de l’autoportrait !

Lors d’un Halloween, on s’était dit que ça pouvait être cool de tenter quelque chose ensemble.

“On avait déjà posé l’un pour l’autre mais on n’avait jamais testé l’autoportrait en duo pour un projet commun !”

Notre travail photographique est différent mais on se retrouve dans certaines ambiances et on est plutôt très raccord sur nos goûts.
Ce qu’on voulait pour cette série été défini très rapidement !
Impossible de se souvenir exactement comment s’est passé l’étape du traitement mais d’après Nico, on a fonctionné en faisant des allers-retours, l’un faisait un truc à l’image, l’autre poursuivait et ainsi de suite jusqu’à ce les images nous parlent à tous les deux !

La plus petite histoire :

Nous ne souhaitons pas nous marier avec Nico et c’est con pour une seule raison, on aurait eu des photos de faire part de ouf haha !

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Histoire d’autoportrait #4

Cet autoportrait est tiré de ma série Ghost Park.

L’immeuble dans lequel j’habitais à l’époque des prises de vues avait un parking souterrain où j’adorais descendre pour y admirer les ambiances.
C’était impossible de ne pas y faire quelques photos !

Il y avait 4 étages si je me souviens bien, ce qui multipliait les risques de passage.
Après réflexion, j’ai pensé qu’un samedi soir vers 22 ou 23 heures serait le moment le plus calme, les gens étant habituellement de sortie.

“Heureusement pour moi j’avais plutôt misé juste, il n’y a eu que très peu de mouvement !”

Si vous êtes allés jeter un coup d’œil à la série entière, vous avez pu remarquer que c’est un travail de nu complet, ce qui rendait la prise de vue plus délicate pour de nombreuses raisons.
Alors côté organisation et efficacité j’avais opté pour une robe qui pouvait s’enlever – et se remettre – en une seconde.

Je n’ai jamais essayé de faire aussi vite, je n’ai jamais été aussi sale, je n’ai jamais autant réfléchi à ce que j’allais faire si je croisais quelqu’un.e.

Mais ça en valait la peine parce que j’aime beaucoup cette série !

La plus petite histoire :

Ghost Park a été exposée à Paris et elle m’avait confrontée à deux types de réactions principales :
L’une, amusée, “pourquoi se foutre à poil dans un parking !?”, l’autre, mal à l’aise, “pourquoi se foutre à poil dans un parking…”

Là où j’avais vu quelque chose de fantomatique et d’esthétique, d’autres y ont vu des femmes maltraitées et abandonnées.
Mon histoire à moi était bien loin de ce que j’aurais pu imaginer des autres ressentis.

Comme quoi rien ne nous appartient jamais vraiment…

Le backstage :

Plus absurde et plus léger : moi cachée dans le local poubelle parce qu’il m’avait semblé entendre du bruit.
Cette photo de coulisses existe car l’appareil photo était sur pied en mode minuterie pour réussir à prendre plus tard cette photographie !

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Histoire d’autoportrait #3

Depuis toujours je garde des choses en me disant “ça servira un jour”.

Autoportrait Nadia Wicker

Je cale tout ça dans des meubles ou dans des boîtes et quand j’ai envie de faire des photos je fouille et je vois ce qui m’inspire.
Ce jour là, c’est ce papier journal qui m’a attirée.
Si je me souviens bien il devait dater des années 40.
Je voulais m’en recouvrir la tête mais je n’avais pas du tout envie de calculer tout ça proprement alors je l’ai simplement déchiré.
J’ai fait des morceaux de tailles différentes, sans vraiment regarder ce que je faisais, puis je me suis retrouvée avec ça entre les mains :

“Ce dont on ne parle pas”

Au moment de cet autoportrait j’étais dans une situation qui m’imposait certains silences et j’ai pensé fort que certaines photos demandaient vraiment à être faites !

La plus petite histoire :

Pour l’anecdote technique, j’avais fixé le papier journal sur ma tête avec de la vaseline. J’avais étendu le collage jusqu’aux cheveux pour être certaine de ne pas avoir de zones manquantes sur la photo. Je vous laisse imaginer l’après-séance, deux semaines plus tard on me demandait encore pourquoi je ne lâchais plus ma casquette…
Cela dit, sans regrets, la vaseline avait permis un effet de transparence à certains endroits auquel je n’avais pas pensé et qui m’avait beaucoup plu !

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Histoire d’autoportrait #2

Ce n’est pas l’autoportrait le plus réussi mais c’est celui qui m’a définitivement fait prendre un tournant dans cet exercice et dans mon évolution personnelle.


Quelques mois auparavant, je m’étais lancée professionnellement en photographie, j’avais mon numéro de siret et je n’attendais plus que les clients.

Spoiler alert 1 : Il y en a eu
Spoiler alert 2 : Je les ai tous envoyé chez une autre photographe…

Je disais à chaque fois la même phrase :

“J’ai trop de travail, je ne vais malheureusement pas pouvoir m’ajouter un contrat supplémentaire, mais j’ai quelqu’un de très bien à vous conseiller.”

FAUX.
Je n’avais aucun taf.
J’angoissais juste tellement que je préférais tout décliner. J’étais persuadée que j’allais tout foirer. Les gens allaient regretter de m’avoir contactée et ils allaient penser (pire : RÉALISER) que je ne savais pas du tout faire de la photo (le syndrome de l’imposteur, gros gros kiff).
Tout allait bien dans le meilleur des mondes, le mien donc, celui où on s’évite tout, le taf, les gens, les jugements (je ne suis pas folle vous savez), jusqu’à ce que je réalise que tout ça n’allait pas pouvoir continuer indéfiniment (faut bien manger)

Spoiler alert 3 : j’ai quand même tenté haha !

Sauf que je me suis bien sûr retrouvée à sec.
Et ma mère de me demander :

“Mais tu n’as personne qui te contacte pour travailler ?”

Oups.
Il était temps de régler le problème.
Je suis allée voir une thérapeute et, je vous la fais très courte, au milieu des échanges sur le manque de confiance en soi, il en est sorti que j’avais envie de faire du nu mais que je n’osais pas.

Je suis rentrée et je me suis foutue à poil.
C’était étrange et euphorisant.
Une vraie libération !

Quel rapport avec le taf ?
Eh bien tout simplement la confiance en soi qui a un peu bougé en acceptant de faire ce que j’avais envie de faire !

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Histoire d’autoportrait #1


Tout a commencé avec cette photo, en 2004 si mes données ne me trompent pas !

Autoportrait Nadia Wicker

Au moment de cet autoportrait je vis à Paris, chez Mathieu, l’amoureux de l’époque.
Je suis maquilleuse studio et je fais ce qu’on appelle des tests, des collaborations qui permettent à chaque personne d’une équipe d’avoir de belles images de son travail et de les intégrer à un book qui permettra de se vendre.

La veille de cet autoportrait j’assiste impuissante au comportement (très) déplacé du photographe avec qui j’avais choisi de faire un test.
Tout le monde a le droit à son insulte et à son humiliation.
Je rentre vers 22 heures, dépitée et choquée. Je me couche mais bien sûr je ne trouve pas le sommeil.
Je me lève vers 4 heures et je me pose au salon avec un bouquin.

Ça va bien réussir à faire taire ma tête, non ?

Eh non….
Je ne veux plus jamais vivre ce malaise pour obtenir des photos de mon travail et la seule solution qui me vient à ce moment-là c’est d’apprendre à prendre la place du photographe : plus je saurais me débrouiller par moi-même pour obtenir de bonnes images, plus je pourrais être exigeante dans mes collaborations !

Pouvoir me débrouiller seule si je ne trouve pas de personnes saines, voilà le projet !

Quelques heures plus tard, je me maquille et j’emprunte le compact de Mathieu pour faire des autoportraits, parce que j’imagine que personne ne voudra poser pour moi si je n’ai rien à montrer.
Avant, il m’arrivait aussi de jouer les modèles pour des photographes, l’évidence de se photographier soi-même pour avoir un peu de matière se posait donc là : si je sais le faire pour les autres, je saurai le faire pour moi !

L’idée c’était de me prendre en photo, de sortir quelques images cool, d’envoyer ça à des modèles que je connaissais en leur expliquant que je me lançais en photo et voir avec avec elles si ça pouvait les intéresser de poser pour moi.

Spoiler alert 1 : ça a marché !

Spoiler alert 2 : j’ai quand même continué l’autoportrait…

La plus petite histoire :

Comme beaucoup de monde à l’époque, je squattais de nombreux sites photo et un particulièrement, qui était réputé pour ses critiques à l’aveugle : dire ce qu’on pense d’une photo sans en connaître l’auteur – pendant 24 heures – afin d’être le.a plus objectif.ve possible. J’ai bien sûr partagé cette photo et je me souviens de ma toute première critique : le bout de mon nez qui touchait pile poil la ligne de ma joue et qui perturbait la lecture ! Aujourd’hui encore je ne vois plus que ça !

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